Le CFQO dénonce une dérive politique inquiétante dans les écoles de l’Alberta

Edmonton, le 9 avril 2026 — Le Comité FrancoQueer de l’Ouest (CFQO) dénonce avec fermeté le projet de loi 25 du gouvernement de l’Alberta, une réforme majeure de la Loi sur l’éducation qui vise à imposer une prétendue « neutralité » dans les écoles, tout en donnant au gouvernement un pouvoir accru pour encadrer les contenus enseignés.

Sous couvert de retirer la politique des salles de classe, ce projet de loi permet en réalité au gouvernement de déterminer ce qui est jugé « idéologique », d’intervenir dans les contenus pédagogiques et de restreindre l’expression de certaines réalités. Dans les faits, cela ouvre directement la porte à la censure de contenus liés à la diversité des identités, notamment les réalités 2SLGBTQIA+, qui risquent d’être jugées « controversées » ou « idéologiques ».

Le CFQO rappelle que le personnel enseignant possède l’expertise professionnelle nécessaire pour juger, avec discernement, des contenus à aborder. Remplacer ce jugement par un encadrement politique revient à imposer une vision restrictive du savoir et à fragiliser l’intégrité même du système éducatif.

Ces mesures risquent d’affecter directement des élèves déjà vulnérables. En limitant certains sujets,  notamment ceux liés à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre et à la diversité des parcours de vie, on contribue à isoler davantage celles, ceux et celleux qui cherchent simplement à se reconnaître dans leur environnement scolaire. Il s’agit d’un recul clair.

« Une salle de classe n’est pas un espace à surveiller idéologiquement, mais un lieu pour comprendre le monde dans toute sa complexité. Les enseignant·e·s sont formé·e·s pour accompagner ces réflexions avec nuance. Les encadrer politiquement, c’est affaiblir leur rôle et appauvrir l’éducation », affirme Rose-Eva Forgues-Jenkins, direction de la programmation et du développement communautaire au CFQO.

« Comme personne nonbinaire et enseignante en Colombie-Britannique, je constate chaque jour l’importance pour les élèves de se reconnaître dans les contenus abordés. Restreindre ces discussions envoie le signal que certaines réalités seraient moins légitimes que d’autres. C’est profondément inquiétant », ajoute Elizabeth Rush, présidence du CFQO.

Le CFQO appelle les décideur·euse·s à reculer devant cette dérive et à protéger sans compromis l’autonomie professionnelle du personnel enseignant. Une éducation de qualité repose sur la confiance, la rigueur et l’ouverture, pas sur le contrôle politique.

À propos du Comité FrancoQueer de l’Ouest

Le CFQO est un organisme qui œuvre à la promotion et à la défense des droits des personnes 2SLGBTQIA+ francophones dans l’Ouest canadien. Par ses initiatives, il vise à favoriser l’inclusion, le respect et l’égalité des personnes de la diversité sexuelle et de genre dans tous les aspects de la vie communautaire.

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Demandes médias
Amelle Margaron, adjointe aux communications
Amelle@cfqo.ca