Introduction

La haine contre les personnes 2SLGBTQIA+ est un obstacle imposant dans les milieux scolaires, où l’accès aux ressources fiables peut être limité, voire barré. Cette Trousse anti-haine sert d’appui autant au personnel qu’aux élèves qui souhaitent voir leur école atteindre un plus haut niveau d’inclusion. Vous y trouverez des pistes de discussion et de réflexion face aux propos haineux ainsi que des sujets couramment abordés dans les discours anti-2SLGBTQIA+. Lorsque vous vous préparez à répondre à ces discours, la Trousse vous offre des lignes directrices pour vous aiguiller dans la bonne direction.

Comment utiliser la trousse

LES PARCOURS

La Trousse anti-haine vous propose 10 parcours thématiques. Chaque parcours comprend une mise en situation avec trois angles d’approche : celle des personnes alliées, celle du corps enseignant et celle des jeunes queer. Ces angles sont en complément l’un de l’autre et forment ensemble le portrait complet d’une réponse appropriée à la situation. En cliquant sur les icônes suivants après chaque mise en situation, vous découvrirez l’angle d’approche de chaque perspective.

LE LANGAGE

Vous rencontrerez peut-être de la nouvelle terminologie sur votre parcours. Faites passer votre souris sur les mots en gras pour connaître leur définition. Sur une tablette ou un portable, un glossaire à la fin de chaque parcours définit les termes pertinents. À travers la Trousse, les mots « nonbinaire » et « nonbinarité » sont écrits sans trait d’union pour sensibiliser au fait que ces identités ne dépendent pas de l’absence de la binarité pour exister.

ALLER PLUS LOIN

Certains parcours comprennent des listes de contenus complémentaires. Il s’agit de ressources externes qui vous sont proposées pour approfondir votre réflexion ou votre apprentissage. Dans ces parcours, des astérix (*) indiquent les thématiques qui sont acompagnées de contenus complémentaires.

Certains sujets sont appuyés par des ouvrages de référence externes. Lorsque c’est le cas, une note de bas de page (exemple1) relie le sujet à sa ou ses source dans la liste de références.

Familiarisez-vous avec les contenus de la trousse pour en connaître les thématiques abordées. Dans le cas où vous devez faire face à un propos semblable, vous saurez vers où vous tourner pour des exemples de réponse. Fiez-vous à l’angle d’approche qui correspond le mieux à votre rôle. Souvenez-vous que le climat politique et social peut changer rapidement, et que votre sécurité compte avant tout. Servez-vous des ressources de soutien qui vous sont disponibles. En faisant preuve de courage et en travaillant ensemble, nous arriverons au sommet de l’inclusion!

Feuille de route

Voici les 10 parcours proposés par la Trousse. Cliquez sur n’importe quel thème pour vous lancer. L’icône de panneau en bas d’écran sert de menu d’accès rapide.

L’identité de genre

MISE EN SITUATION

Un garçon trans à votre école utilise depuis plusieurs années les pronoms « il » et « lui », en plus de se servir des vestiaires et toilettes des garçons. Dernièrement, il a commencé à porter du vernis à ongles et il se maquille parfois. Lorsqu’il a porté une jupe à l’école, d’autres élèves l’ont harcelé en lui disant qu’il n’avait jamais été un « vrai garçon » de toute façon. L’élève trans maintient l’utilisation de ses pronoms et des toilettes des garçons, malgré les accusations qu’il ne fait que prétendre être un garçon pour recevoir de l’attention.

LA RÉALITÉ

L’identité de genre ne se résume pas au sexe assigné à la naissance. Elle est une dimension intime de l’être humain, qui peut évoluer au fil du temps. Reconnaître cette diversité de genre permet de briser des siècles de normes binaires qui ont invisibilisé de nombreuses identités. De plus en plus de recherches montrent que la reconnaissance de l’identité de genre, quelle qu’elle soit,  réduit la détresse psychologique et favorise l’épanouissement1.

L’identité de genre et l’expression de genre ne sont pas aussi intrinsèquement liées qu’on le croit. L’expression de genre (composée d’éléments comme les vêtements, la coiffure, les loisirs, les goûts esthétiques, etc.) n’est qu’une facette de la personnalité. La seule façon de connaître l’identité de genre d’une personne est en lui posant la question.

QUE FAIRE?

Cliquez sur les icônes pour dévoiler des angles d’approche.

Les personnes alliées

  • Évitez de présumer. Tout ce que vous connaissez de l’identité de genre d’une personne, c’est ce qu’elle vous en dit.
  • Gardez l’esprit curieux. En vous renseignant sur la diversité des identités et expressions de genre, vous vous préparez à mieux défendre les personnes trans dans votre entourage.
  • Réfléchissez aux limites imposées par la société. Quelles sont les choses qu’on semble vous interdire en raison de votre identité de genre? En raison de votre expression de genre?

Le corps enseignant

  • Croyez en vos élèves. Lorsqu’une personne se confie à vous pour parler de son identité de genre, remerciez-la pour son courage et ne remettez pas son identité en doute.
  • Créez un milieu scolaire accueillant. Les politiques de dortoirs, vestiaires ou toilettes qui reposent sur le sexe assigné à la naissance peuvent être aliénants. 
  • Intégrez la diversité de genre dans vos cours. Ce sujet peut être abordé dans des cours d’histoire, d’études sociales, de biologie, de santé…

Les jeunes queer

  • Amusez-vous. Votre identité vous appartient ; il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon d’exprimer une identité quelconque, alors trouvez votre style unique!
  • Écoutez votre voix intérieure. Personne ne peut décider de votre identité de genre ou orientation sexuelle pour vous. 
  • Rappelez-vous de votre légitimité. Il n’y a pas de critères d’admissibilité pour être queer ou trans, peu importe si vous vivez ouvertement votre identité ou non.

 

1Coleman, E., Radix, A.E., Bouman, W.P., Brown, G.R., de Vries, A.L.C., Deutsch, M.B., … Arcelus, J. (2022). Standards de soins pour la santé des personnes transgenres et de la diversité de genre, version 8. International Journal of Transgender Health, 23(sup1), S1–S259. https://doi.org/10.1080/26895269.2022.2100644.

 

1Coleman, E., Radix, A.E., Bouman, W.P., Brown, G.R., de Vries, A.L.C., Deutsch, M.B., … Arcelus, J. (2022). Standards de soins pour la santé des personnes transgenres et de la diversité de genre, version 8. International Journal of Transgender Health, 23(sup1), S1–S259. https://doi.org/10.1080/26895269.2022.2100644.

expression de genre : Ce sont les facteurs qui déterminent la façon dont le genre est interprété par la société, par exemple, la coupe de cheveux d’une personne, ses vêtements, ses loisirs, son emploi, ses intérêts, etc.

identité de genre : C’est le genre auquel une personne s’identifie (ex: homme, femme, personne nonbinaire, personne transmasculine, etc.)

sexe assigné à la naissance : Il s’agit de la désignation « mâle » ou « femelle » donnée à une personne à sa naissance, selon les caractéristiques physiques de son sexe.

trans (ou transgenre) : Une personne transgenre est une personne dont le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre. Le terme trans ou transgenre est un terme parapluie pour plusieurs identités de genre où le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre.

Les pronoms

MISE EN SITUATION

Pendant le congé d’été, une personne à votre école a découvert sa nonbinarité. À la rentrée, cette personne souhaite utiliser le pronom « iel ». Malheureusement, toute l’école connaît l’élève trans par ses anciens pronoms, mais pour éviter le mégenrage, iel doit constamment corriger ses camarades de classe et le personnel de l’école en faisant plusieurs coming out par jour. De plus, il lui faut souvent expliquer l’utilisation du « iel » et ses accords, voire même défendre l’existence des personnes nonbinaires. L’expérience est épuisante et humiliante pour l’élève trans, qui souhaite seulement que sa transition se fasse dans l’indifférence.

LA RÉALITÉ

Les pronoms ne sont pas une simple question de grammaire, mais une reconnaissance fondamentale de l’identité d’une personne. Utiliser les pronoms et accords choisis des personnes, c’est affirmer leur dignité. Refuser d’utiliser les bons pronoms est une forme de micro-agression qui peut profondément affecter le bien-être des personnes trans et nonbinaires. Dans les écoles et les lieux publics, les pronoms sont un premier pas vers une culture du respect.


Le français étant une langue genrée et binaire, les personnes transgenres et nonbinaires ont longuement revendiqué un langage plus inclusif et neutre auprès des institutions de la langue française. Il existe aujourd’hui de nombreux guides* pour la bonne utilisation de l’écriture inclusive, des néopronoms et de la grammaire neutre.

QUE FAIRE?

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Les personnes alliées

  • Familiarisez-vous avec l’usage des néopronoms. En vous pratiquant à voix haute avec vos proches, vous pourrez vous exprimer plus aisément en vous servant de ces pronoms.
  • Corrigez-vous, corrigez les autres. Même lorsqu’une erreur est involontaire, se corriger (sans en faire tout un plat) démontre un engagement vers le respect.
  • Présentez-vous avec vos pronoms. Que ce soit de vive voix ou dans une signature de courriel, cette pratique ouvre la porte à un partage réciproque et démontre une reconnaissance de l’importance des pronoms comme marqueur identitaire.

Le corps enseignant

  • Instaurez l’usage des pronoms en classe. Plus cette pratique est commune, plus il est facile pour les personnes trans de se présenter avec de nouveaux pronoms.
  • Respectez le choix de l’élève. Les élèves trans, par souci pour leur sécurité ou bien-être, peuvent choisir de ne pas divulguer leurs pronoms.
  • Abordez le langage inclusif en classe. Il existe des ateliers scolaires* abordables (voire gratuits) qui touchent sur l’importance du respect, sur la binarité du français ou sur l’évolution de la langue.

Les jeunes queer

  • Prenez soin de vous. Vous avez le droit de garder votre identité pour vous si l’environnement scolaire n’est pas propice à un coming out sécuritaire.
  • Honorez votre identité. Vos pronoms vous appartiennent et font partie de votre autodétermination, même si vous n’êtes pas en mesure de les utiliser ouvertement.
  • Exigez le respect. Peu importe votre identité de genre ou vos pronoms, vous avez le droit au respect de votre personne dans toutes les sphères de votre vie.*

Ce parcours ne se réfère à aucun ouvrage externe spécifique. Cliquez ici pour consulter la liste alphabétique de toutes les références de la Trousse.

Ce parcours ne se réfère à aucun ouvrage externe spécifique. Cliquez ici pour consulter la liste alphabétique de toutes les références de la Trousse.

coming out : Le fait de divulguer son identité de genre ou son orientation sexuelle. L’hétéro- et la cisnormativité font en sorte que seulement les personnes 2SLGBTQIA+ doivent entreprendre des coming out ; l’hétérosexualité et la cisidentité sont considérés la norme attendue.

iel : Un pronom personnel communément utilisé par les personnes trans et/ou nonbinaires francophones.

mégenrage : Le fait d’utiliser le mauvais pronom ou les mauvais accords en parlant d’une personne.

néopronom : Les pronoms personnels au-delà de « il » et « elle » qui sont utilisés par des personnes trans et/ou nonbinaires.

nonbinarité (ou nonbinaire) : Les personnes nonbinaires ont une identité de genre qui sort du binaire homme/femme. Il existe tout un spectre d’identités nonbinaires, et plusieurs personnes nonbinaires s’indentifient également en tant que trans.

trans (ou transgenre) : Une personne transgenre est une personne dont le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre. Le terme trans ou transgenre est un terme parapluie pour plusieurs identités de genre où le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre.

Le droit de se questionner

MISE EN SITUATION

Une élève à votre école vous confie qu’elle croit ressentir une attirance envers une de ses amies. Elle a peur d’en parler à quiconque d’autre, car elle s’inquiète que ce qu’elle ressent n’est qu’une phase. Cette élève croit qu’elle doit être complètement certaine de son orientation sexuelle avant de faire un coming out ou d’en parler à ses proches car elle ne veut pas nuire à la communauté 2SLGBTQIA+ en « changeant d’idée ». Elle se sent donc prise entre le désir d’explorer davantage son identité et la peur d’avoir tort.

LA RÉALITÉ

Se questionner sur son genre ou son orientation est une démarche naturelle et saine. C’est un processus qui doit être encouragé, et non réprimé ou jugé. L’adolescence est un moment particulièrement riche en nouvelles expériences et nouveaux sentiments, et ce déluge d’émotions peut mener à de profonds questionnements. Il s’agit également d’un moment propice à la découverte et l’affirmation de soi — un moment lors duquel les liens les plus intimes tissés avec nos pairs sont fondés sur les identités partagées. Le cheminement d’une personne en quête de découverte de soi peut inclure des ruptures. Bien que difficiles, ces moments peuvent également être sources d’apprentissage et de croissance personnelle.

QUE FAIRE?

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Les personnes alliées

  • Affichez votre statut de personne alliée. Une personne en questionnement ne saura pas toujours vers qui se tourner pour partager ses inquiétudes.
  • Écoutez sans juger.  Il est tout à fait légitime que la personne qui se confie à vous vive quelques trébuchements dans son questionnement.
  • Bâtissez des liens d’empathie. Posez-vous la question : comment je fais pour connaître avec certitude mes propres attirances? Mon identité de genre?

Le corps enseignant

  • Misez sur la curiosité. L’auto-réflexion devrait faire partie du cheminement de chaque élève, non seulement les jeunes queer.
  • Faites de la place pour l’exploration. En laissant les jeunes changer au besoin leur façon de s’exprimer et de s’identifier, vous fournissez un espace sécuritaire pour leur exploration.
  • Humanisez-vous. Partagez des moments dans votre adolescence où vous avez vécu un questionnement profond, ou que votre découverte de soi s’est faite par essai et erreur.

Les jeunes queer

  • Prenez votre temps. Il n’y a pas d’urgence. Vous avez toute votre vie pour vous définir.
  • Oubliez les étiquettes. En vous concentrant sur vos sentiments et votre vécu plutôt que les définitions d’étiquettes, vous pouvez plus facilement trouver ce qui vous fait vous sentir bien.
  • Outillez-vous. Il existe des ressources légitimes et fiables pour vous appuyer dans votre cheminement.*

Ce parcours ne se réfère à aucun ouvrage externe spécifique. Cliquez ici pour consulter la liste alphabétique de toutes les références de la Trousse.

Ce parcours ne se réfère à aucun ouvrage externe spécifique. Cliquez ici pour consulter la liste alphabétique de toutes les références de la Trousse.

coming out : Le fait de divulguer son identité de genre ou son orientation sexuelle. L’hétéro- et la cisnormativité font en sorte que seulement les personnes 2SLGBTQIA+ doivent entreprendre des coming out ; l’hétérosexualité et la cisidentité sont considérés la norme attendue.

identité de genre : C’est le genre auquel une personne s’identifie (ex: homme, femme, personne nonbinaire, personne transmasculine, etc.)

La contagion queer

MISE EN SITUATION

Un groupe d’élèves à votre école revendique un atelier de sensibilisation sur les enjeux 2SLGBTQIA+, autant pour le personnel de l’école que pour les élèves, afin de vulgariser certaines thématiques et définitions auprès de la communauté scolaire. La direction de votre école refuse ; elle a reçu des plaintes de la part de parents qui s’inquiètent qu’un tel atelier portera à confusion dans leurs enfants et pourrait même les convaincre de changer leur orientation sexuelle ou identité de genre.

LA RÉALITÉ

L’expression « contagion queer » est un mythe alimenté par des mouvements anti-2SLGBTQIA+ pour semer la peur. Il s’agit de l’idée fausse que le fait de parler de diversité sexuelle ou de genre pourrait « contaminer » les jeunes. Bien au contraire : les études prouvent que l’information et l’inclusion réduisent le harcèlement et favorisent un climat social plus sain2. Afin de comprendre que les identités queer ne sont pas « apprises », il suffit de constater que les jeunes queer et/ou trans n’ont souvent pas de parent queer ou trans. Plutôt, ces identités se vivent et se découvrent.

Dans la même veine, il n’existe aucune preuve que les identités queer sont causées par un traumatisme dans l’enfance et, de plus, les méthodes visant à modifier ou corriger l’orientation sexuelle ou l’identité de genre (dites « thérapies de conversion ») ont été réfutées par des études3 démontrant que ces facettes de l’identité ne peuvent  pas être altérées par la force ni déclenchées par une influence extérieure. On ne peut donc pas « guérir » l’homosexualité ou la transidentité, propos qui sousentendent que ces identités représentent un défaut4. D’ailleurs, ces pratiques ont été déclarées criminelles au Canada5 et sont illégales depuis 2021.

QUE FAIRE?

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Les personnes alliées

  • Outillez-vous. L’éducation à la diversité favorise la tolérance.
  • Partagez vos connaissances. Lorsque vous entendez des fausses informations au sujet des identités queer, corrigez-les.
  • Engagez-vous pour une scolarité inclusive. Faites part de vos inquiétudes et priorités éducatives auprès de vos membres d’assemblée législative.

Le corps enseignant

  • Précisez les faits. La visibilité queer ne crée pas plus de personnes queer, mais elle peut créer un environnement plus sécuritaire pour ces personnes.
  • Encadrez vos élèves. Peu importe si les conversations sur les identités queer sont permises, ces personnes existent à votre école.
  • Relancez la question. Quels sont les risques de ne jamais parler d’identité queer en classe? Où iront les jeunes pour trouver de l’information?

Les jeunes queer

  • Faites-vous confiance. Votre identité de genre et votre orientation sexuelle sont des parties authentiques et naturelles de vous.
  • Affirmez-vous. Être queer n’est pas une maladie ou un défaut. Vos désirs et vos sentiments ne font pas de vous une personne moindre, ni sale.
  • Complétez votre identité. L’orientation sexuelle et l’identité de genre ne sont qu’une facette de vous. Quelles autres parties de vous pouvez-vous valoriser? Quels sont vos intérêts, loisirs, talents? Vos rêves pour l’avenir?*

MAJ, la plateforme pour ados de Radio-Canada, contient une panoplie d’articles et vidéos d’actualités. En vous informant, vous trouverez peut-être mieux les mots pour décrire ce qui compte le plus pour vous, tout en développant un sens plus concret de votre identité. Voici quelques pistes de départ :

 

 

2Hakeem, H. (2021). Axiomes de la pédagogie queer. Voix plurielles 18(2)

Taylor, C., Peter, T., Campbell, C., Meyer, E., Ristock, J. et Short, D. (2015). Rapport final du projet Chaque prof sur l’éducation inclusive des personnes LGBTQ dans les écoles de la maternelle à la douzième année au Canada. Winnipeg, Manitoba Teachers’ Society.

3Association canadienne pour la santé mentale. (2021). Déclaration de l’ACSM sur la « thérapie » de conversion. Repéré le 28 avril 2026 à https://cmha.ca/fr/news/declaration-de-lacsm-sur-la-therapie-de-conversion/

James, J. (2019). Mémoire présenté au Comité permanent de la santé de la Chambre des communes dans le cadre de son étude sur la santé des membres de la communauté LGBTQ2 au Canada pour qu’il évalue des mesures pour lutter contre les effets néfastes des thérapies de conversion.

4Gallet, G. (2011). Hétérosexualité : innée ou acquise ? Ou pourquoi l’homosexualité est encore étudiée comme le comportement déviant de la sexualité. Soralia (anciennement Femmes Prévoyantes Socialistes).

5Code criminel L.R.C. (1985). Ch. C-46.

MAJ, la plateforme pour ados de Radio-Canada, contient une panoplie d’articles et vidéos d’actualités. En vous informant, vous trouverez peut-être mieux les mots pour décrire ce qui compte le plus pour vous, tout en développant un sens plus concret de votre identité. Voici quelques pistes de départ :

 

2Hakeem, H. (2021). Axiomes de la pédagogie queer. Voix plurielles 18(2)

Taylor, C., Peter, T., Campbell, C., Meyer, E., Ristock, J. et Short, D. (2015). Rapport final du projet Chaque prof sur l’éducation inclusive des personnes LGBTQ dans les écoles de la maternelle à la douzième année au Canada. Winnipeg, Manitoba Teachers’ Society.

3Association canadienne pour la santé mentale. (2021). Déclaration de l’ACSM sur la « thérapie » de conversion. Repéré le 28 avril 2026 à https://cmha.ca/fr/news/declaration-de-lacsm-sur-la-therapie-de-conversion/

James, J. (2019). Mémoire présenté au Comité permanent de la santé de la Chambre des communes dans le cadre de son étude sur la santé des membres de la communauté LGBTQ2 au Canada pour qu’il évalue des mesures pour lutter contre les effets néfastes des thérapies de conversion.

4Gallet, G. (2011). Hétérosexualité : innée ou acquise ? Ou pourquoi l’homosexualité est encore étudiée comme le comportement déviant de la sexualité. Soralia (anciennement Femmes Prévoyantes Socialistes).

5Code criminel L.R.C. (1985). Ch. C-46.

identité de genre : C’est le genre auquel une personne s’identifie (ex: homme, femme, personne nonbinaire, personne transmasculine, etc.)

trans (ou transgenre) : Une personne transgenre est une personne dont le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre. Le terme trans ou transgenre est un terme parapluie pour plusieurs identités de genre où le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre.

La science et le queerness

MISE EN SITUATION

Certaines personnes parmi les parents dans votre communauté scolaire s’opposent à l’inclusion des identités 2SLGBTQIA+ dans l’enseignement. Selon ces personnes, l’homosexualité et la transidentité iraient à l’encontre de la biologie et des lois de la nature. Ces parents ont peur que le fait de normaliser ces identités et orientations sexuelles causerait un effet boule-de-neige et que l’on finirait par normaliser des comportements dangereux comme la pédophilie ou la bestialité.

LA RÉALITÉ

La science moderne valide la diversité sexuelle et de genre. De nombreuses études en biologie, psychologie et anthropologie montrent que les orientations sexuelles et les identités de genre variées ont toujours existé chez les humains6 (et même dans le règne animal7), et que ces variations sont innées.  En s’appuyant sur ces données, il est possible de démonter les discours basés sur des idées fausses.

De plus, les attirances troubles telles que la pédophilie et la bestialité existent chez les personnes de toute orientation sexuelle et ne sont pas davantage présentes chez les personnes 2SLGBTQIA+. Les relations consensuelles entre deux personnes du même sexe et/ou du même genre sont saines et légitimes. Le fait de devoir cacher ses relations ou son identité par honte ou par peur peut causer davantage de dommage que de bien : les recherches soulignent les bénéfices psychologiques de l’acceptation sociale et dénoncent les pratiques qui font taire les personnes queer.

QUE FAIRE?

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Les personnes alliées

  • Apprenez les faits. Les faits scientifiques appuient la légitimité des identités queer.*
  • Corrigez les préjugés. Prononcez-vous lorsque vous entendez des fausses informations.
  • Faites le suivi avec la ou les personnes touchées. Le fait d’entendre son existence débattue par son entourage peut causer des sentiments de détresse et d’inutilité.

Le corps enseignant

  • Insistez sur la vérité. Les préjugés et fausses informations ne devraient pas dicter les choix pédagogiques.
  • Enseignez les faits. Les données scientifiques peuvent être intégrées à vos cours.
  • Exigez le respect. La salle de classe n’est pas un endroit pour débattre de la légitimité ou de l’existence de certaines personnes.

Les jeunes queer

  • Fiez-vous à la science. Les données scientifiques confirment que ce que vous vivez et ressentez est normal et légitime.
  • Ancrez-vous dans votre humanité. Peu importe ce que l’on dit de vous, vous restez une personne humaine avec des droits humains.
  • Prenez soin de vous. Il peut être troublant d’entendre des arguments contre une facette importante de votre personne.*

Vous traversez un moment difficile? Consultez la liste de ressources d’appui en santé mentale.

 

6Lilja, S., & Suomen Tiedeseura, issuing body. (1983). Homosexuality in Republican and Augustan Rome. Helsinki, Societas Scientiarum Fennica.

7Gómez, J.M., Gónzalez-Megías, A. & Verdú, M. (2023).The evolution of same-sex sexual behaviour in mammals. Nat Commun 14. https://doi.org/10.1038/s41467-023-41290-x.

Roselli, C.E. (2020). Programmed for Preference: The Biology of Same-Sex Attraction in Rams. Neuroscience & Biobehavioral Reviews 114. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2020.03.032.

Vous traversez un moment difficile? Consultez la liste de ressources d’appui en santé mentale.

 

6Lilja, S., & Suomen Tiedeseura, issuing body. (1983). Homosexuality in Republican and Augustan Rome. Helsinki, Societas Scientiarum Fennica.

7Gómez, J.M., Gónzalez-Megías, A. & Verdú, M. (2023).The evolution of same-sex sexual behaviour in mammals. Nat Commun 14. https://doi.org/10.1038/s41467-023-41290-x.

Roselli, C.E. (2020). Programmed for Preference: The Biology of Same-Sex Attraction in Rams. Neuroscience & Biobehavioral Reviews 114. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2020.03.032.

identité de genre : C’est le genre auquel une personne s’identifie (ex: homme, femme, personne nonbinaire, personne transmasculine, etc.)

trans (ou transgenre) : Une personne transgenre est une personne dont le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre. Le terme trans ou transgenre est un terme parapluie pour plusieurs identités de genre où le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre.

Les queers dans l’histoire

MISE EN SITUATION

Une personne qui travaille dans l’administration de votre école exprime de la frustration face aux revendications de la communauté 2SLGBTQIA+. Cette personne se dit incapable de rester au courant des nouvelles lettres dans l’acronyme, de l’utilisation des néopronoms ou de la grammaire inclusive. Par exemple, la nonbinarité serait selon elle une invention de la jeunesse pour se démarquer des autres. Cette personne précise que dans son temps, il n’y avait pas de tout ça : il n’y avait que des femmes, des hommes et l’hétérosexualité.

LA RÉALITÉ

L’histoire a longtemps effacé ou minimisé les personnes queers et d’autant plus les personnes queer racisées (consultez le parcours L’intersection francoqueer pour en savoir plus). Pourtant, elles ont toujours existé et contribué à l’art, à la littérature, aux révolutions sociales et politiques. De la poétesse Sappho en passant par Leonardo da Vinci, Alexandre le Grand, Frida Kahlo et aux militant·e·s de Stonewall*, les figures queers sont des piliers invisibles de nos récits collectifs. Mettre ces histoires en lumière, c’est offrir aux jeunes générations des modèles qui leur ressemblent. 

Dans la même veine, en effaçant les rôles importants qu’ont joué les personnes queer dans l’histoire, on montre qu’il n’y a pas de place pour ces personnes dans une communauté. Cela peut pousser les personnes queer à cacher leur identité et quitter leur communauté à l’âge adulte, ce qui renforce l’idée qu’il n’y a pas de personnes queer dans ce milieu. Mais en fin de compte, on n’a pas besoin de tout comprendre pour faire preuve de respect.

QUE FAIRE?

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Les personnes alliées

  • Apprenez à connaître l’histoire queer. Plus vous connaissez les figures queer de l’histoire, mieux vous pouvez leur redonner leur place.
  • Gardez l’œil critique. Pourquoi certains groupes sont-ils sous-représentés dans votre communauté? À quoi ressemble cet environnement de leurs perspectives?
  • Poussez la réflexion plus loin. Quels groupes ont été relégués à l’histoire, mais qui existent toujours? Que faut-il changer aujourd’hui pour améliorer l’histoire de demain?

Le corps enseignant

  • Faites preuve de rigueur dans vos recherches. Les figures historiques sont complexes et sont souvent réduites à quelques faits saillants.
  • Redonnez à l’histoire ses couleurs. Les récits des personnes queer méritent d’être inclus dans vos cours d’histoire et de littérature.
  • Restez au courant des statistiques. Si plus de personnes s’affichent queer qu’auparavant, c’est qu’elles ont l’information pour s’identifier et se sentent davantage en sécurité que dans le passé.

Les jeunes queer

  • Célébrez votre héritage. Il existe des archives, des bibliothèques et des centres de ressource pour en apprendre plus sur les personnes queer dans l’histoire.
  • Apprenez du passé. Le contexte dans lequel vous vivez maintenant est intimement informé par les séquelles du passé.
  • Rendez hommage à l’histoire. Si certaines protections existent pour les personnes queer, c’est grâce à des miliers de personnes qui ont lutté pour les obtenir.

Ce parcours ne se réfère à aucun ouvrage externe spécifique. Cliquez ici pour consulter la liste alphabétique de toutes les références de la Trousse.

Ce parcours ne se réfère à aucun ouvrage externe spécifique. Cliquez ici pour consulter la liste alphabétique de toutes les références de la Trousse.

néopronom : Les pronoms personnels au-delà de « il » et « elle » qui sont utilisés par des personnes trans et/ou nonbinaires.

nonbinarité (ou nonbinaire) : Les personnes nonbinaires ont une identité de genre qui sort du binaire homme/femme. Il existe tout un spectre d’identités nonbinaires, et plusieurs personnes nonbinaires s’indentifient également en tant que trans.

L’intersection francoqueer

MISE EN SITUATION

Votre école souhaite développer des meilleures pratiques pour l’inclusion des élèves trans et nonbinaires. Par contre, les personnes responsables se rendent vite compte qu’elles ne sont pas assez outillées pour bien accomplir la tâche. L’équipe demande l’avis d’un organisme 2SLGBTQIA+ de la région, mais leurs services sont seulement offerts en anglais. Elle demande ensuite l’appui d’un organisme québécois, mais les ressources proposées sont trop spécifiques à la situation pédagogique et culturelle du  Québec, donc impossibles à adapter à votre conseil scolaire et à votre province. Incapables de s’outiller proprement, les personnes responsables abandonnent le projet et décident de passer au cas-par-cas.

LA RÉALITÉ

Les personnes francoqueers vivent au moins une double marginalisation : en tant que francophones en situation minoritaire et en tant que personnes queers. Comme l’explique la théorie de l’intersectionnalité développée par Kimberlé Crenshaw*, ces réalités ne s’additionnent pas simplement : elles se croisent et produisent des expériences particulières. Cela se traduit par un manque de ressources en français, un isolement géographique et parfois une double invisibilisation, à laquelle peuvent s’ajouter d’autres formes de marginalisation, notamment pour les personnes racisées ou en situation de handicap. Pourtant, cette intersection est aussi une force : elle permet de créer des espaces culturels uniques où la langue et la diversité se rencontrent.

Il peut être facile de laisser tomber les initiatives d’inclusion et d’équité en se disant qu’il n’y a pas assez de personnes qui en profiteraient véritablement pour que l’effort en vaille la peine. Malheureusement, cette approche contribue aux sentiments d’isolement qui font en sorte que les personnes queer présentent des taux de dépression et de suicide plus élévés que leurs pairs hétérosexuel·le·s et cisgenres8. De plus, les initiatives d’inclusion et d’équité bénéficient à tout le monde, pas seulement les personnes queer ; elles créent des milieux où chaque personne ressent qu’elle est la bienvenue, peu importe ses intersections.

QUE FAIRE?

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Les personnes alliées

  • N’abandonnez pas la cause. Même si vous avez l’impression de faire du surplace, votre engagement crée une vague qui aura des répercussions positives sur l’avenir de votre communauté.
  • Signalez les lacunes. Vos organismes communautaires ne sont pas toujours au courant des services et ressources manquants.
  • Réfléchissez aux intersections. Quelles autres personnes dans votre communauté se sentent peut-être isolées en raison de leur identités intersectionnelles?

Le corps enseignant

  • Ajustez vos estimations. Il y a sans doute plus de personnes queer dans votre milieux que vous ne le croyez ; certaines personnes ne sont pas à l’aise de s’afficher ouvertement.
  • Diversifiez vos ressources. La visibilité de personnes queer francophones dans vos outils pédagogiques peut apaiser l’isolement.*
  • Soyez réalistes. Les risques reliés à l’isolement et au manque d’appartenance des jeunes queer peuvent être des enjeux de vie et de mort. Ces causes méritent d’être prises au sérieux.

Les jeunes queer

  • Trouvez des modèles. Faites de la recherche pour apprendre à connaître des personnalités publiques qui ont un vécu semblable au vôtre. Cela peut aider à briser l’isolement.
  • Chérissez votre langue. La francophonie ouvre d’innombrables portes aux personnes qui vivent en français.
  • Développez votre identité. En plus d’être queer et francophone, à quelles autres communautés appartenez-vous? Ces cercles peuvent être des milieux d’appui pour combattre la solitude.*

 

8Statistique Canada. (2024). La santé mentale et l’accès au soutien chez les jeunes 2ELGBTQ+. Repéré le 28 avril 2026 à https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2024011/article/00002-fra.htm

 

8Statistique Canada. (2024). La santé mentale et l’accès au soutien chez les jeunes 2ELGBTQ+. Repéré le 28 avril 2026 à https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2024011/article/00002-fra.htm

cisgenre : Une personne cisgenre est une personne dont l’identité de genre est en accord avec son sexe assigné à la naissance.

intersectionnalité : Cumul de différentes formes de domination ou de discrimination vécues par une personne, fondées notamment sur sa race, son sexe, son âge, sa religion, son orientation sexuelle, sa classe sociale ou ses capacités physiques, qui entraîne une augmentation des préjudices subis.

Le sport et les personnes trans

MISE EN SITUATION

L’équipe de course féminine de votre école ne veut pas admettre une participante trans, de peur qu’elle ait un avantage contre les autres. Les responsables et les parents des membres de l’équipe revendiquent  une preuve quelconque du sexe assigné à la naissance de chaque athlète qui souhaite participer. L’athlète trans ne se sent pas à l’aise de se joindre à l’équipe masculine. Elle vit sa transition sociale depuis plusieurs années et ne supporterait pas le sentiment de honte et de dysphorie qui accompagnerait ce choix. Votre école n’a pas d’équipe mixte.

LA RÉALITÉ

La participation des personnes trans aux sports est souvent instrumentalisée par des discours de peur et de désinformation. Pourtant, de nombreux organismes sportifs (dont Patinage Canada, Softball Canada et Ringuette Canada, à titre d’exemple)  reconnaissent le droit des personnes trans de concourir dans des conditions équitables. Les données scientifiques montrent9 qu’il n’existe pas d’avantage injuste pour les athlètes trans lorsqu’un encadrement raisonnable* est mis en place. Exclure les personnes trans des sports ne protège pas l’équité, mais alimente la stigmatisation et la marginalisation.

De plus, les tests d’ADN et la divulgation du sexe d’une personne enfreinent sur ses droits à une vie privée. Ces méthodes, souvent peu fiables, peuvent nuire au sentiment de sécurité et d’autonomie de toute personne qui doit s’y soumettre, peu importe son identité de genre.

QUE FAIRE?

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Les personnes alliées

  • Dénoncez les pratiques discriminatoires. Ces restrictions basées sur l’identité de genre nuisent à toute la communauté sportive.
  • Défendez l’esprit sportif. Chaque personne, incluant les personnes transgenres, mérite la chance de mener une vie active en pratiquant le sport de son choix.
  • Créez de nouvelles opportunités. Plus il y a d’élèves qui demandent des équipes mixtes, plus il y a de chances que votre école accommode la demande.

Le corps enseignant

  • Créez un environnement sportif inclusif. Le langage, les équipes et les vestiaires peuvent tous être adaptés pour accueillir la diversité des genres de vos élèves.
  • Montrez l’exemple. Parlez d’athlètes queer et trans dans vos cours pour normaliser leur présence dans les sports professionnels.
  • Faites le suivi avec la ou les personnes touchées. Ces situations peuvent mener à davantage d’isolement.

Les jeunes queer

  • Revendiquez vos droits. Vous avez le droit de pratiquer le sport de votre choix de façon sécuritaire.
  • Participez à votre façon. Il existe des clubs et ligues à l’extérieur de votre école (en ligne ou en personne) qui ont des politiques d’inclusion propres à la transidentité.
  • Trouvez vos modèles. Il y a toute une communauté d’athlètes queer et trans ; ne vous laissez pas tomber dans l’isolement.

 

9Sport Integrity Canada. (2022, 3 novembre). Literature Review Does Not Support Bans on Transgender Women Athletes. Repéré le 29 avril 2026 à https://sportintegrity.ca/news/literature-review-does-not-support-bans-transgender-women-athletes

 

9Sport Integrity Canada. (2022, 3 novembre). Literature Review Does Not Support Bans on Transgender Women Athletes. Repéré le 29 avril 2026 à https://sportintegrity.ca/news/literature-review-does-not-support-bans-transgender-women-athletes

dysphorie de genre : Le sentiment de malaise, d’inconfort ou de détresse ressenti par une personne lorsque son sexe assigné à la naissance et son identité de genre ne sont pas en alignement.

sexe assigné à la naissance : Il s’agit de la désignation « mâle » ou « femelle » donnée à une personne à sa naissance, selon les caractéristiques physiques de son sexe.

trans (ou transgenre) : Une personne transgenre est une personne dont le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre. Le terme trans ou transgenre est un terme parapluie pour plusieurs identités de genre où le sexe assigné à la naissance ne correspond pas avec l’identité de genre.

transition sociale : Lorsqu’une personne trans commence à s’afficher avec les pronoms, le nom, et l’expression de genre qui correspondent à son identité de genre, sans pour autant entamer des procédures médicales.

La religion et l’identité queer

MISE EN SITUATION

Un garçon à votre école qui est très impliqué dans sa communauté religieuse vous confie qu’il est gai, et qu’il a peur d’en parler à sa communauté de foi. Il n’a aucun doute de son orientation sexuelle, mais il a peur qu’elle soit une peine de mort sociale. Sa plus grande inquiétude est de devoir choisir entre son identité queer et son identité religieuse ; il croit que s’il choisit la première, il perdra des amitiés, des mentors et des opportunités de croissance personnelle. À l’inverse, il croit que de garder secrète son orientation sexuelle le rongera de l’intérieur. Il se sent déjà sale et honteux et ne veut pas être isolé davantage.

LA RÉALITÉ

Les religions ont souvent été utilisées comme arme contre les personnes queers, mais elles ne sont pas intrinsèquement excluantes. De nombreuses traditions prônent l’amour, l’acceptation et la diversité. Les interprétations inclusives de divers textes religieux se multiplient. Il existe également de plus en plus de communautés religieuses qui sont menées par des personnes ouvertement queer qui créent des espaces propices à l’épanouissement spirituel des personnes queers sans leur demander de renoncer à leur identité.

QUE FAIRE?

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Les personnes alliées

  • Amplifiez la visibilité des instances d’inclusion. Les communautés religieuses ouvertes et inclusives méritent d’être mises de l’avant.
  • Soyez l’agence du changement. Si vous appartenez à une communauté de foi, faites part aux leaders de vos inquiétudes par rapport au bien-être des personnes queer.
  • Approfondissez vos connaissances. Plus vous vous familiarisez avec les interprétations diverses des textes religieux, mieux vous pouvez vous situer dans votre pratique.

Le corps enseignant

  • Faites preuve de nuance dans vos discours. Vous pouvez laisser la place aux interprétations diverses sans vous contredire.
  • Priorisez le cheminement personnel. Le parcours de foi de chaque personne est différent. Vos élèves méritent le temps et l’espace pour former leur relation unique à leur foi et sa pratique.
  • Recadrez vos attentes. Si vous avez une pratique de prière, réfléchissez à ce que vous souhaitez pour vos élèves : s’agit-il de changer leur personne, ou de les voir se construire une paix intérieure et une confiance en soi?

Les jeunes queer

  • Restez fidèle. Il est possible pour vous de vivre pleinement et simultanément votre foi et votre identité queer.
  • Puisez ailleurs. Si votre communauté religieuse actuelle ne vous accepte pas comme vous l’êtes, cherchez-en une qui célèbre toute votre personne.*

  • Retournez à la base. Votre identité queer ne doit pas être une source de honte. Elle fait partie de vous : une personne unique qui mérite d’être aimée inconditionnellement.

Ce parcours ne se réfère à aucun ouvrage externe spécifique. Cliquez ici pour consulter la liste alphabétique de toutes les références de la Trousse.

Ce parcours ne se réfère à aucun ouvrage externe spécifique. Cliquez ici pour consulter la liste alphabétique de toutes les références de la Trousse.

Le droit parental au Canada

MISE EN SITUATION

Votre province annonce que dès lundi prochain, les élèves de moins de 16 ans devront obtenir le consentement parental avant de changer leur nom ou pronoms à l’école. De plus, si l’élève demande ce changement sans présenter de consentement parental, l’école devra en notifier les parents. Une personne nonbinaire en 9e année utilise déjà le pronom « iel » à l’école depuis le début de l’année scolaire, mais ses parents n’en sont pas au courant. Cette personne s’inquiète que même si iel utilise ce pronom depuis plusieurs mois, l’école devra maintenant notifier ses parents. Iel sait que ses parents n’accepteront pas sa nonbinarité, et iel a de profonds soucis pour son bien-être.

LA RÉALITÉ

Au Canada, il n’existe pas de droit parental absolu permettant aux parents de contrôler les choix identitaires ou éducatifs de leur enfant, notamment en matière de genre. Pourtant, certaines provinces ont déjà adopté des lois ou des politiques exigeant le consentement parental pour que les ados de moins de 16 ans puissent changer leur prénoms ou pronoms à l’école, invoquant un prétendu droit parental. En plus d’avoir été critiquées comme étant transphobes10, la Cour du Banc du Roi de la Saskatchewan a expressément reconnu que ces lois et politiques peuvent entraîner des risques sérieux pour la sécurité mentale et physique des jeunes, car elles peuvent les obliger à se dévoiler à des familles non-soutenantes ou les forcer d’utiliser des prénoms ou pronoms qui ne correspondent pas à leur identité de genre. La Cour du Banc du Roi de la Saskatchewan a donc tenté de bloquer une telle mesure11,  mais le gouvernement de la Saskatchewan (et plus tard celui de l’Alberta) a fait recours à la clause dérogatoire12 (article 33 de la Charte canadienne). Dans quelle mesure les provinces éviteront un débat sur la conformité de ces mesures avec la Charte canadienne en ayant recours à la clause dérogatoire reste à être tranché par la Cour suprême du Canada.

Les lois en vigueur et les droits des jeunes en milieu scolaire peuvent changer du jour au lendemain en fonction du gouvernement au pouvoir. Cela complique davantage les mesures à prendre pour assurer le bien-être de chaque élève et rend difficile la découverte et l’expression de soi.

QUE FAIRE?

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Les personnes alliées

  • Lisez entre les lignes. Ces lois ne protègent pas les parents, mais imposent des restrictions sur l’identité de genre de l’élève.
  • Tenez fort dans votre solidarité. Rien ne vous empêche de continuer à utiliser les bons pronoms pour vos camarades si vous n’êtes pas membre du personnel.
  • Avancez au rythme de vos camarades trans. Il se peut que ces personnes préfèrent retourner à d’anciens noms ou pronoms face à de telles lois. Fiez-vous à leurs préférences.

Le corps enseignant

  • Informez-vous. Plus vous connaissez intimement les lois proposées, plus vous êtes en mesure de les dénoncer efficacement.
  • Soutenez l’opposition. Votre voix d’expertise en enseignement a du poids dans la lutte contre les lois queer- et transphobes.
  • Faites un plan d’action. Il y a toujours des moyens discrets et sécuritaires d’appuyer vos élèves les plus vulnérables. Préparez-vous à agir pour leur bien-être.

Les jeunes queer

  • Exprimez-vous. Si vous êtes en mesure de vous afficher ouvertement, ajoutez votre voix à celles qui dénoncent ces lois.
  • Demandez de l’aide. Dans le cas où vous ne voulez pas divulguer votre identité à vos parents, cherchez l’appui d’une personne ou un groupe spécialisé*.
  • Tenez à votre autonomie. Vous connaissez intimement votre situation et votre identité ; vous méritez de choisir vous-même à qui divulguer des détails qui pourraient nuire à votre sécurité.
   

10Action ontarienne contre la violence faite aux femmes. (2024). Restrictions relatives aux droits des jeunes transgenres en Alberta : cela nous inquiète. Repéré le 28 avril 2026 à https://actionontarienne.ca/restrictions-relatives-aux-droits-des-jeunes-transgenres-en-alberta-cela-nous-inquiete/


11UR Pride Centre for Sexuality and Gender Diversity v Saskatchewan (Education). (2023). SKKB 204 (CanLII). Repéré le 22 juin 2026 à https://canlii.ca/t/k0gn9


12Prince-Thauvette, E. (2025, 18 novembre) L’Alberta invoque la disposition de dérogation pour ses lois sur les personnes trans. Radio-Canada. Repéré le 28 avril 2026 à https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2208357/clause-nonobstant-trans-genre-alberta

   

10Action ontarienne contre la violence faite aux femmes. (2024). Restrictions relatives aux droits des jeunes transgenres en Alberta : cela nous inquiète. Repéré le 28 avril 2026 à https://actionontarienne.ca/restrictions-relatives-aux-droits-des-jeunes-transgenres-en-alberta-cela-nous-inquiete/


11UR Pride Centre for Sexuality and Gender Diversity v Saskatchewan (Education). (2023). SKKB 204 (CanLII). Repéré le 22 juin 2026 à https://canlii.ca/t/k0gn9


12Prince-Thauvette, E. (2025, 18 novembre) L’Alberta invoque la disposition de dérogation pour ses lois sur les personnes trans. Radio-Canada. Repéré le 28 avril 2026 à https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2208357/clause-nonobstant-trans-genre-alberta

iel : Un pronom personnel communément utilisé par les personnes trans et/ou nonbinaires francophones.

nonbinaire : Les personnes nonbinaires ont une identité de genre qui sort du binaire homme/femme. Il existe tout un spectre d’identités nonbinaires, et plusieurs personnes nonbinaires s’indentifient également en tant que trans.

transphobe : Comportement ou attitude de haine, de peur ou de mépris envers les personnes transgenres.

Aller plus loin

L’IDENTITÉ DE GENRE

LES PRONOMS

LE DROIT DE SE QUESTIONNER

LA CONTAGION QUEER

MAJ, la plateforme pour ados de Radio-Canada, contient une panoplie d’articles et vidéos d’actualités. En vous informant, vous trouverez peut-être mieux les mots pour décrire ce qui compte le plus pour vous, tout en développant un sens plus concret de votre identité. Voici quelques pistes de départ :

LA SCIENCE ET LE QUEERNESS

LES QUEERS DANS L’HISTOIRE

L’INTERSECTION FRANCOQUEER

LE SPORT ET LES PERSONNES TRANS

LA RELIGION ET L’IDENTITÉ QUEER

LE DROIT PARENTAL AU CANADA

Références

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes. (2024). Restrictions relatives aux droits des jeunes transgenres en Alberta : cela nous inquiète. Repéré le 28 avril 2026 à https://actionontarienne.ca/restrictions-relatives-aux-droits-des-jeunes-transgenres-en-alberta-cela-nous-inquiete/


Association canadienne pour la santé mentale. (2021). Déclaration de l’ACSM sur la « thérapie » de conversion. Repéré le 28 avril 2026 à https://cmha.ca/fr/news/declaration-de-lacsm-sur-la-therapie-de-conversion/


Code criminel L.R.C. (1985). Ch. C-46.


Coleman, E., Radix, A.E., Bouman, W.P., Brown, G.R., de Vries, A.L.C., Deutsch, M.B., … Arcelus, J. (2022). Standards de soins pour la santé des personnes transgenres et de la diversité de genre, version 8. International Journal of Transgender Health, 23(sup1), S1–S259. https://doi.org/10.1080/26895269.2022.2100644.


Gallet, G. (2011). Hétérosexualité : innée ou acquise ? Ou pourquoi l’homosexualité est encore étudiée comme le comportement déviant de la sexualité. Soralia (anciennement Femmes Prévoyantes Socialistes).


Gómez, J.M., Gónzalez-Megías, A. & Verdú, M. (2023).The evolution of same-sex sexual behaviour in mammals. Nat Commun 14. https://doi.org/10.1038/s41467-023-41290-x.


Hakeem, H. (2021). Axiomes de la pédagogie queer. Voix plurielles 18(2).


James, J. (2019). Mémoire présenté au Comité permanent de la santé de la Chambre des communes dans le cadre de son étude sur la santé des membres de la communauté LGBTQ2 au Canada pour qu’il évalue des mesures pour lutter contre les effets néfastes des thérapies de conversion.


Lilja, S., & Suomen Tiedeseura, issuing body. (1983). Homosexuality in Republican and Augustan Rome. Helsinki, Societas Scientiarum Fennica.


Prince-Thauvette, E. (2025, 18 novembre) L’Alberta invoque la disposition de dérogation pour ses lois sur les personnes trans. Radio-Canada. Repéré le 28 avril 2026 à https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2208357/clause-nonobstant-trans-genre-alberta


Roselli, C.E. (2020). Programmed for Preference: The Biology of Same-Sex Attraction in Rams. Neuroscience & Biobehavioral Reviews 114. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2020.03.032.


Statistique Canada. (2024). La santé mentale et l’accès au soutien chez les jeunes 2ELGBTQ+. Repéré le 28 avril 2026 à https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2024011/article/00002-fra.htm


Sport Integrity Canada. (2022, 3 novembre). Literature Review Does Not Support Bans on Transgender Women Athletes. Repéré le 29 avril 2026 à https://sportintegrity.ca/news/literature-review-does-not-support-bans-transgender-women-athletes


Taylor, C., Peter, T., Campbell, C., Meyer, E., Ristock, J. et Short, D. (2015). Rapport final du projet Chaque prof sur l’éducation inclusive des personnes LGBTQ dans les écoles de la maternelle à la douzième année au Canada. Winnipeg, Manitoba Teachers’ Society.


11UR Pride Centre for Sexuality and Gender Diversity v Saskatchewan (Education). (2023). SKKB 204 (CanLII). Repéré le 22 juin 2026 à https://canlii.ca/t/k0gn9


Ressources d’appui en santé mentale

Interligne

Service d’appui en santé mentale et ressources en bien-être pour personnes 2SLGBTQIA+

Disponible 24 heures par jour

Clavardage : https://interligne.co/

Téléphone : 1-888-505-1010

Tel-jeunes

Service d’appui et forums pour jeunes

Disponible de 8h à minuit (heure de l’Est)

Clavardage et forum : https://www.teljeunes.com/ 

Texto : 514-600-1002

Téléphone : 1-800-263-2266

Jeunesse j’écoute

Service d’appui et ressources en santé mentale pour jeunes

Clavardage et ressources : https://jeunessejecoute.ca/ 

Texto : envoyer PARLER au 686868

Téléphone : 1-800-668-6868

Ce projet est réalisé dans le cadre Programme d’appui à la francophonie canadienne.